L'oubli fertile

























Qu'il est beau l'oubli fertile 
D'une vie certaine, 
D'un corps autrefois éprouvé
Quel soulagement de sentir
Le prétentieux désir d'exister 
Ensevelit sous un duvet fragile

Qu'il était vain de vouloir
Taillé un nom pour le retenir 
Cette illusion naïve de croire
Que l'on pourrait se muer
En un délicieux souvenir 

Quel manque d'humilité 
D'avoir voulu une place
Un sanctuaire pour signifier
Ce qui a disparu 
D'avoir tenté de peser 
Aussi lourd qu'une pierre
D'avoir chercher à être reconnu
Comme celui qui a vécu
Avant ne n'être plus 

Quelle malice que cette vie
Rebelle et luxuriante 
Qui court pour tout recouvrir 
D'un feuillage bruyant
Cramponné à la bière

Qu'il chante le lierre
Quand il couvre mon nom
Qu'il use mes efforts 
Qu'il ruine ma supercherie
À vouloir que ma mort règne 
Quand tout ici pousse
Et se multiplie

Lierre qui me couvre
Me fait tapis
Prend soin de montrer aux vivants
Combien est force la vie
Quand elle s'ouvre 
Que le plus précieux souvenir 
Est une feuille timide 
Que le vent ravive
Et toujours en son vert 
Le jour nouveau
D'une promesse
À conquérir 

Commentaires

1. Le vendredi 7 novembre 2025, 00:04 par Poète amateur de Poètes

Très beau, très vanité-style, adapté en ce mois de Novembre de tous les impossibles.
"D'un feuillage bruyant
Cramponné à la bière"
me rappelle trivialement mon dernier retour ou je suis passé à deux doigts de me faire péter la gueule par des fafs, non loin du cimetière de Kerfautras.

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