Calfeutrage
























Le vent siffle et s'infiltre
L'humidité n'est pas pour tout le monde
Elle se réserve les bois creux
Les embrasures anciennes

Le froid plein d'eau entre
Par capillarité 
Par familiarité 
Avec ces lieux mal fichus
Mal fermés

Dans les méninges
Des champignons anxiogènes
Les failles du dedans
Aspirent les failles du dehors
L'eau sale
Germe et tisse de filandreuses
Pensées malsaines
Ton silence en devient 
Électrique 

L'hiver entre en toi
Comme dans un moulin
Qui ne produit rien
Inutile, ta colère prend goutte
Au nez et pied dans le tapis
De ton humiliation 

Le vent siffle et s'infiltre 
Rien à faire 
Pour le faire taire
Dehors
Les oiseaux ont disparu 
Les passants ont fui
Ton voisin ne joue plus de clarinette 
Les chiens ont fini d'aboyer 
Dedans 
Le possible dort,
S'en fout 
Ou s'inquiète à raison 
Ou à tort
Les enfants énucléés 
sont des pouces à manettes
Chacun, encadré dans sa fenêtre 
est un peu comme ce bois mort
Pourri d'absurdité et d'eau croupie

Le vent siffle et s'infiltre
Toi, devant ta fenêtre
Tu regardes l'hiver de face
Au verso
Ton reflet constellé de gouttes
De pluie
Fait la grimace 

Commentaires

1. Le mardi 27 janvier 2026, 10:52 par amateur

On s'y croirait,
sur un balcon face à la rade,
dans ces bouts de béton mal étanchés,
pour loger les prol' à la va-vite,
dans un provisoire éternel.

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