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dimanche 11 janvier 2026

Calfeutrage
























Le vent siffle et s'infiltre
L'humidité n'est pas pour tout le monde
Elle se réserve les bois creux
Les embrasures anciennes

Le froid plein d'eau entre
Par capillarité 
Par familiarité 
Avec ces lieux mal fichus
Mal fermés

Dans les méninges
Des champignons anxiogènes
Les failles du dedans
Aspirent les failles du dehors
L'eau sale
Germe et tisse de filandreuses
Pensées malsaines
Ton silence en devient 
Électrique 

L'hiver entre en toi
Comme dans un moulin
Qui ne produit rien
Inutile, ta colère prend goutte
Au nez et pied dans le tapis
De ton humiliation 

Le vent siffle et s'infiltre 
Rien à faire 
Pour le faire taire
Dehors
Les oiseaux ont disparu 
Les passants ont fui
Ton voisin ne joue plus de clarinette 
Les chiens ont fini d'aboyer 
Dedans 
Le possible dort,
S'en fout 
Ou s'inquiète à raison 
Ou à tort
Les enfants énucléés 
sont des pouces à manettes
Chacun, encadré dans sa fenêtre 
est un peu comme ce bois mort
Pourri d'absurdité et d'eau croupie

Le vent siffle et s'infiltre
Toi, devant ta fenêtre
Tu regardes l'hiver de face
Au verso
Ton reflet constellé de gouttes
De pluie
Fait la grimace 

dimanche 3 décembre 2017

Gourmands Gauchos

Peñalolén ! Aujourdhui, nous tentons l'incroyable mélange entre le Boeuf Bourguignon et le Chili Con Carne. La découverte des mémoires de Jo, la Taupe et Papa nous aurons mis sur la piste de cet incroyable Chili Bourguignon, affectueusement nommé par ses créateurs "Chi-Bour". ¡Accion!

Légumes mélangés, pelés, sautés, beurre, huile, et dans le gras secret des trois viandes (2 porcs et 1 bovin). On dirait, en émincé, céleri branche, champignons, oignons (pensée à Colette), carottes en sifflet, tomate, concentré de tomate, ail en chemise et dénudé, selon les pratiques des convives.

L'on fera comme on voudra, mais 3 viandes semblent un minimum pour le chili bourguignon. Le bovin bon à braiser, on aura pris soin de le dégraisser ou de le faire dégraisser par la bouchère, on le saisit à la poêle avec les deux corps gras, mais on le cuit pas à coeur ; on réserve cette étape pour la vraie cuisson. Le lard, on le coupe en gros, on le balance dans la poële après avoir réservé le bovin. Et on remixe tout ça avec la chair à saucisse, on co-tabasse (voir plus bas), et surtout on fume avec ce qu'on aura trouvé comme fumisterie de cowboy.

Les bouquets, garnis à la Papa (Céleri, persil, thym, laurier, dans leur gangue de poireau.) Deux bouquets? Oui, car, deux versions de cuisson.

Les co-tabasse, de marque Tabasco. Le classique, qui apporte le vinaigré. Le Chipotle, qui apporte le fumé.

Arroser généreusement de Merlot-mon-ptit (a peu près 1/2 litre)

On ne saura jamais vraiment qui de Jo, la Taupe ou Papa aura eu l'idée de ce plat, ni de concevoir Smokey, ni le goût du plat, ni rien. L'histoire ne serait jamais qu'un oignon sans cesse épluché, sans que jamais le chercheur touchât au cœur ni arrêtasse de pleurer. Reste une modeste tentative de journaliste culinaire, de saisir approximativement une viande, une réalité, un goût, une époque, un fantasme. Trouver des compères à travers le temps, partager avec eux le souvenir impossible d'un âge béni, garder en bouche une saveur de tendre vague-à-l'âme. Rôter, se brosser les dents, puis faire la sieste.

Confusion : l'Allemagne, la Bretagne, le Chili, le Bourgogne. Le Mexique.

Les labels arnaques*, n'oublions jamais de ne pas prendre des vessies de porc pour des lanternes de cochon. (* https://joueb.micr0lab.org/?post/2017/05/03/Aujourdhui%2C-le-chef-de-la-GNAP-vous-propose)

Ne pas confondre le Chien et le Chilien.

Evidemment, des haricots rouges dans la badrée, qui sera divisée en deux pour l'expérience. (L'un au four, l'autre au moulin)

C'est bon. C'est fumé et roboratif. Le vin et le fumé s'accordent à merveille. ¡Buen provecho, mien Herr!