jeudi 2 juillet 2020

La nuit est l’inverse du jour de 10 à 30%

Communauté d’internet d’autrefois, Communauté d’internet de demain

Pour cette édition de Communauté d’internet d’autrefois, Communauté d’internet de demain d’aujourd’hui, nous nous intéresserons à un phénomène connu sous le nom de 『𝔻𝕒𝕪𝕔𝕠𝕣𝕖 / ℕ𝕚𝕘𝕙𝕥𝕔𝕠𝕣𝕖』, ou encore de 『𝔸𝕟𝕥𝕚-𝔻𝕒𝕪𝕔𝕠𝕣𝕖/𝔸𝕟𝕥𝕚-ℕ𝕚𝕘𝕙𝕥𝕔𝕠𝕣𝕖』.

Ce soir, nous nous pencherons sur ce phénomène hors du commun, sa communauté, et nous nous demanderons

  1. Comment sont apparus ces véritables lames de fond de l’internet,
  2. Quelles ont été ses contributions à l’art, et à la pensée en général,
  3. Quels sont les défis qui se présentent à elles,
  4. Quels futurs se sont-elles tracées.

Billet réalisé en collaboration avec Blanford, qui nous a éclairé de sa grande connaissance.


Les origines

Pour tout de suite se mettre dans le bains night core, commençons par nous remémorer ce véritable hymne:

Peu après sa diffusion, une large communauté d’usagers de plate-formes privatives de partage de contenu pré-formaté se sont rués sur le phénomène, créant un véritable phénomène. Autour de chaînes aussi controversées que populaires que celle de Soul Power Nightcore s’est rapidement crée une communauté de bidouilleurs ingénieux et facétieux, curieux et passionnés.

Évidemment, toute communauté a son revers, et les retardataires, les aigris, ceux qui ont ratés la première lame de fond, mais aussi ceux qui pensent plus vite, se sont vite manifestés, mais avec une créativité encore plus grande diront certains, créant le anti-night core, aussi appelé day core. Un petit extrait tout de suite après cette petite interruption qui n’en paraîtra même pas une, restez branchés.



Peu après l’apparition du night core, une communauté s’est vite crée autour du mot d’ordre day core, avec des acteurs aussi emblématiques que L O S T C H I L D. On découvre tout de suite un petit extrait:

Les deux communautés étaient-elles miroirs l’un de l’autre, complémentaires, ou bien ont-elles été à l’affrontement? Vous le serez en lisant la suite. Ce qui est sûr, c’est que certains membres de la communauté ont été si surpris qu’ils en sont parvenus à saisir l’essence de la ligne de fracture en aphorismes saisissants :


Les contributions, et le temps de l’apport

Les affrontements entre communautés night core et day core seront la plupart du temps bon enfant, mais permettront à des virages artistiques ambitieux de s’opérer, avec des impacts sur les courants les plus insoupçonnés.

Ainsi, le night core n’hésite pas à s’aventurer en terrains inconnus et sombres en réponse à la véritable provocation day core :

De son côté, la communauté day core continue d’observer et de s’inspirer, mais − à de rares exceptions prềtes − ne répondra pas aux provocations night core, préférant explorer de nouveaux horizons:

La véritable lame de fond night / day core dépasse vite son cadre initial, pour influencer tous les arts. Lors du mouvement #I'mInNightAndDay de nombreux auteurs day core révèlent leur pseudonyme night core, ou réciproquement, mais aussi qu’ils sont parfois des écrivains, acteurs, réalisateurs ou publicitaires à succès. La vague se fait publique, et son importance commence à être reconnue au-delà des cercles d’aficionados, pour conquérir la critique. La NRF se dit intéressée.

Mais l’euphorisme, légitime, est de courte durée, car les menaces pèsent déjà sur le mouvement en pleine apogée…


Avant cela, savourons notre bonheur avec une petite coupure pub qui aurait bénéficié de concours de l’auteur night-core ღ Kurisu-San ღ.


Le temps du défi, la remise en question

Comme tous les colosses aux argiles d’argent, le mouvement day and night core ne voit pas venir la menace, pourtant benoîtement expliquée dès le 28 juillet 2011 par un NetmentorTV hilare. Cette menace est pourtant à portée de tout « clic » :

La menace, floue, se fait plus précise selon deux axes:

- En démocratisant trop le cœur de l’action, l’âme même du mouvement, ce simple réglage permettait − ou plutôt donnait l’illusion − à tout un chacun de se faire son propre auteur, mais sans le doigté, la passion… l’âme. 

- Encore pire, tout un chacun pouvait facilement défaire l’œuvre même qui était proposée.

Night and day core se trouvaient unis face à la même menace de la normalité, et se sont trouvés désemparés l’espace d’un temps. Et puis, comme une évidence, comme toujours, la solution s’est trouvée, la façon de reconnaître les vrais s’est fait manifeste, évidente, incontournable. Encore une fois, l’aphorisme est sa meilleure capture, et largement accepté :

Mais c’est bien sûr : l’image!


Les futurs

Comme libérée de sa question toujours un peu trop convenue et poussiéreuse − « quel pourcentage, exactement ? » − les deux mouvements cores pouvaient se concentrer sur l’harmonie avec l’image d’illustration qui paraissait toujours un peu un décalage, et qui pourtant représentait le cœur du mouvement. Délivré des attentes et à la fois désireuse de ré-conquérir son public, les deux mouvements pouvaient alors se permettre tous les excès.

Allez, on se quitte en musique…

mardi 30 juin 2020

Une rencontre.

Dans un immense centre de documentation, je prenais des notes sur un vieux naufrage lorsque mon attention fut irrésistiblement détournée par une conversation entre deux étudiants d'un niveau avancé, où fut prononcé le nom de Pierre Guillaume. Je me levai et m'approchai d'eux. Un garçon à lunettes, entre soldat et pécheur, répondit à ma question -Pierre Guillaume ?- par un non moins succinct quoiqu'affirmatif Pierre Guillaume. Je me présentai : à l'heure qu'il était et pour ce que j'en savais, j'étais l'un des deux nègres actifs au service de l'homme de lettres.

L'étudiant n'essaya point de cacher sa surprise. Pierre Guillaume était, confia-t-il, l'écrivain vivant qu'il admirait le plus. Il ignorait pourtant que ce grand homme eût besoin de nègres pour l'accomplissement de son œuvre. L'étendue et la profondeur de cette œuvre semblait toutefois si vastes, ajouta-t-il, que l'étonnement premier suscité par la rencontre de l'un de ses nègres se dissipait vite, pour se voir remplacé par un sentiment d'évidence, puis un désir, puis une aspiration, enfin un appel. Oui, continuait-il d'une voix qui dissimulait mal l'intensité des sentiments qui le traversaient, il avait l'infinie prétention, quoique cette prétention apparente fût doublée d'une réelle humilité, de proposer ses services au grand homme, par l'entremise du nègre que j'étais. Le seul caillou dans la chaussure résidait cependant dans ce terme de nègre. Ses convictions ne lui permettaient pas d'enfiler un costume aussi mal dégagé de connotations pour le moins coloniales, voire impérialistes, pour ne pas dire racistes.

Je précisai alors que le mot n'était pas de Pierre Guillaume, mais des deux nègres actifs depuis que le grand homme eût manifesté le besoin de recourir à de tels adjuvants pour l'édification de son œuvre. Je lui racontai comment, au cours d'un séjour au domicile de mon collègue, en Mayenne, nous avions reçu le premier pneumatique portant sa signature. Il s'agissait d'apporter, si nous le voulions bien, notre concours à la participation du grand écrivain à l'annuelle épreuve bourbonnoise de nouvelles, à quoi son emploi du temps extrêmement chargé ne pouvait lui permettre de consacrer le temps nécessaire, bien qu'il se fût engagé devant témoins à l'honorer.

Ni mon collègue ni moi-même ne connaissions alors le grand homme ou n'avions même entendu parler de lui avant de recevoir le pneumatique. Mais comme pneumatiquement éclairés par son génie, nous devinâmes quel insigne privilège cette invitation représentait lorsque nous prîmes la mesure de l'étendue et de la profondeur de son œuvre. Si l'on peut dire, car l’œuvre possible de Pierre Guillaume, comme mon interlocuteur l'avait lui-même souligné, apparaît à tout admirateur, en même temps que dans son étendue et sa profondeur, et ce à l'instant où il en prend mentalement la mesure, dans son insondabilité même.

Je fis remarquer à l'étudiant que le statut de notre apport faisait d'ailleurs l'objet de débats parmi les nègres, les admirateurs et les spécialistes du grand homme. Certains parlaient d'entreprise, se sentant liés à Pierre Guillaume comme des sous-traitants à leur commanditaire. D'autres préféraient se définir comme des contributeurs, d'autres encore comme des fidèles. Enfin il y avait les enragés, les passionarias qui tenaient à se définir comme la commune d'écriture Pierre Guillaume, où les individualités comptaient pour rien, prêtes qu'elles étaient au sacrifice de leur temps, de leur énergie et, s'il le fallait, de leur liberté. En tant que nègre, ou contributeur si mon interlocuteur préférait, je n'avais pour ma part aucune préférence. Mon usage du terme incommodant ne tenait qu'à l'habitude que j'en avais prise, à l'époque où nous nous engagions dans nos premières contributions à l’œuvre du grand écrivain.

J'acceptai la proposition de mon interlocuteur. Je lui témoignai mon enthousiasme, ainsi que celui que ne manquerait pas de manifester notre collègue à tous deux à l'annonce de son recrutement. Je lui souhaitai la bienvenue dans notre commune d'écriture Pierre Guillaume. Le grand homme, quant à lui, se reposait sur nous les yeux grand fermés. Il n'y avait donc pas lieu de lui signifier l'agrandissement de notre famille, ce qui d'ailleurs eût été parfaitement impossible. La communication avec l'écrivain ne se faisait en effet, et ne se ferait sans doute jamais que dans un seul sens : le sien. Ce qui nous laissait une liberté presqu'infinie, la contrainte qui s'exerçait sur nous n'étant que celle, interne, de son génie.

mardi 16 juin 2020

Azzan Ciao

Sources: 1 et 2

dimanche 14 juin 2020

Une pensée, c’est quoi ?

Penser à un maillon d’une chaîne de montage, c’est quoi ?

C’est reconnaître que la consommation n’empêche pas la conscience, et le savoir que derrière chaque clipet clipé, sticker de garantie collé, connecteur connecté, plastique moulé, vis vissé, il y a la main d’un égal, d’un ami, d’un exploité.

Donc voilà, à toi, personne au bout de cette trace de doigt figée dans le temps, merci, j’espère que tes chaînes, et toutes celles des chaînons, se relâcheront et que l’humanité sera libre, enfin, de salariat et de déshumanisation.

jeudi 14 mai 2020

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jeudi 7 mai 2020

Quelle presse pour mon enfant?

LA PRESSE JEUNESSE CREE DES LIENS FORT AVEC SES LECTEURS :

  • 70 % attendent avec impatience de lire leur magazine.
  • 67 % trouvent dans leur magazine des choses qu'ils ne voient pas ailleurs.
  • 62 %  le lisent sans s'arrêter jusqu'à la fin.
(http://www.lapressejeunesse.fr/la-presse-jeunesse-en-bref/quelques-chiffres)

Media d'importance, la presse enfantine est rarement passée au crible des analyses politiques ; ainsi, dans la revue de presse mensuelle du Monde Diplomatique, on peut lire les nouvelles de revues sérieuses, tels qu'Hérodote, la Revue du Crieur, L'Émancipation Syndicale et Pédagogique, The Middle Est Journal ... mais rarement d'Abricot, Papoum, Pirouette etc.
Babar est manifestement le titre de droite pour enfant du groupe Bayard*, ouvertement monarcho-libéral tendance légitimiste. C'est un journal à réserver en priorité aux enfants de CSP+ et aux nostalgiques de la France des colonies (par ailleurs, cette cible préférera écouter plutôt "Radio Classique" que "France Musique")
si Babar, le "roi des éléphants", ne rechigne pas à planter un clou, c'est bien parceque le petit personnel est en congés annuel.

Mais ne nous y trompons pas : sous des dehors bonhommes, et installé dans une innocente tradition colonialo-maréchaliste, les personnages de Babar défendent des positions rétrogrades et réactionnaires, voire complotistes.

Le titre Picoti, édité également par le groupe Bayard, de tendance centre-droit, prouve que le trust de la presse enfantine essaime dans un panel d'idées assez large, mais, du fait de son origine catholique historique, accorde une large place aux idées conservatrices.

Selon wikipédia, Picoti "éveille les bébés dégourdis de 9 mois à 3 ans."

Depuis 2017, Ferdinon, le bébé mouton qui dit non, est là pour accompagner les bébés dégourdis (lecteurs de Picoti) durant la phase d'opposition. Mais Pikou, le petit chat anthropomorphe sort de son panier depuis et accompagne les tout petits durant leur vie! et ce chaton fait tout comme un tout-petit. Ou presque... Car il montre aussi l'exemple aux parents. Évidemment, la maman de Pikou n'est pas sévère avec lui. Ce qui est bien dans Pikou, c'est qu'il trouve vite et bien de supers solutions! Comme quand il est tombé après avoir couru après son ballon. **ouin!** il pleure mais son père trouve la solution! à toutes les mamans, lisez Picoti à vos bébés dégourdis!"

Popi, du groupe Milan, du groupe Bayard**, représente la motion radicale-socialiste, tendance mélenchoniste du groupe.

La diversité est bien représentée, avec ces scènes de marchés ou le producteur bio voisine avec le militant qui tracte pour la future manifestation. Les papas portent les bébés en porte-bébé, c'est moderne, ça cible parfaitement l'électorat urbain de Montreuil, Marseille et Rennes.


Dans une audacieuse coupe architecturale mettant en scène un immeuble -qui n'est pas sans rappeler la Vie mode d'emploi, de Georges Perec- , nous retrouvons cette diversité dans la fête de Noël, certes d'origine chrétienne, mais bien illustrée ici dans la République laïque, ou chacun est libre, qui, de manger une dinde aux marrons, qui de se bourrer la gueule en famille, qui, de regarder la télévision, qui de faire comme d'habitude.

L'obsession pour les gommettes en forme de triangles rouges, rappelle à la foi les convictions fraternelles du leader de gauche, tout autant que sa réappropriation du pins des déportés communistes. On peut difficilement faire plus clair idéologiquement !

(Quand au sympathique Petit Ours Brun, dont les aventures se déroulent parfois sur fond rouge, on ne peut qu'observer la revendication symbolique d'un populisme protectionniste affilié au signe fort du "brun sur fond rouge".)

* Bayard Presse est une entreprise de presse française créé en 1873, juste après la guerre de 1870, par la congrégation religieuse catholique Les Augustins de l'Assomption. Cette congrégation est aujourd'hui encore la propriétaire exclusive du groupe. Le groupe présent dans 16 pays communique par la presse, l'édition, Internet et l'audiovisuel dans les domaines de l'actualité (La Croix, Le Pèlerin), la jeunesse (Pomme d'Api, Youpi, Babar, J'aime lire, Astrapi, Okapi, Phosphore, Je bouquine, Les clés de l'Actualité), les seniors (Notre temps), le religieux (Prions en Église, Croire, Panorama), la nature (Terre sauvage, Alpes Magazine, Pyrénées Magazine, Pays basque Magazine, Bretagne Magazine). La liste de ces journaux et revues n'est pas exhaustive.

** Bayard, depuis l'acquisition de Milan (Presse et Éditions) en 2004, représente 27 % de la part de marché de la presse jeunesse en France, ce qui le place au premier rang, devant Hachette-Disney (25 %). Son chiffre d'affaires en 2005 fut de 433 millions d'euros (Source : La Croix du ).

mercredi 29 avril 2020

Woooooooooo, ha.

Au-delà de la galerie, écoutez ce dont il est question.

mardi 31 mars 2020

Scrabble

Scrabble:

1. Marque déposé on ne sait où, mais qui fait qu’on ne peut pas écrire son nom comme ça, oulà non.
Tu es sûr que tu peux parler du Scrabble sans risquer de triviales poursuites?

2. Mettre toutes ses lettres et gagner 50 points de bonus.
Jacques disposa les lettres « Péridurales » et avanca son score de 112 points, son nouveau record. - Jean Proust, Mes plus belles soirée, Glémarion, 2013.

 

mercredi 25 mars 2020

Sur la planète Enicron XI,…

Sur la planète Enicron XI, quelqu’un fait la vaisselle, et il semble se faire entendre des cris. Peuplée ou trompeuse, cette planète ?

À vous de le dire…

jeudi 19 mars 2020

Sens dessus et sens dessous

Ressortissants de France, vous avez sans doute vu passer ces recommandations au moins une fois ces derniers jours :


Mais avez-vous regardé attentivement le schéma de la troisième :


N'êtes-vous pas troublé par une autre signification que ce schéma pourrait porter, ne trouvez-vous pas qu'elle ressemble étrangement à cette image :


Sans parler de fake news qui, selon la récente théorie du docteur Brandolain, n'atteint que les nake fews (ceux qui croient que le lait chocolaté provient de vaches marrons, soit 7% des Américains), nous serions en droit de penser que ce document édité avant le premier tour des élections municipales comporte un message subliminal incitant à aller voter, quoi qu'il en coûte...
En effet, il est manifeste que le mouchoir représenté a l'aspect d'une enveloppe de couleur assez républicaine. Les termes "usage unique" permettent un tour de force sémantique aussi judicieux que paradoxal puisqu'il affecte un caractère péjoratif qui parle à ceux qui méprisent d'ordinaire l'acte électoral tout en leur rappelant au passage la règle essentielle qui établit qu'on ne vote qu'une fois à chaque scrutin. Et pour enfoncer le clou, le message insiste sur le fait de jeter, or le dessin peut justement être perçu comme une main jetant son bulletin de vote dans l'urne à l'inverse du geste de tirer un mouchoir de sa boite.
Devant tant de perversion, je vous laisse tirer vous-mêmes les conclusions.

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