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jeudi 19 mars 2020

Sens dessus et sens dessous

Ressortissants de France, vous avez sans doute vu passer ces recommandations au moins une fois ces derniers jours :


Mais avez-vous regardé attentivement le schéma de la troisième :


N'êtes-vous pas troublé par une autre signification que ce schéma pourrait porter, ne trouvez-vous pas qu'elle ressemble étrangement à cette image :


Sans parler de fake news qui, selon la récente théorie du docteur Brandolain, n'atteint que les nake fews (ceux qui croient que le lait chocolaté provient de vaches marrons, soit 7% des Américains), nous serions en droit de penser que ce document édité avant le premier tour des élections municipales comporte un message subliminal incitant à aller voter, quoi qu'il en coûte...
En effet, il est manifeste que le mouchoir représenté a l'aspect d'une enveloppe de couleur assez républicaine. Les termes "usage unique" permettent un tour de force sémantique aussi judicieux que paradoxal puisqu'il affecte un caractère péjoratif qui parle à ceux qui méprisent d'ordinaire l'acte électoral tout en leur rappelant au passage la règle essentielle qui établit qu'on ne vote qu'une fois à chaque scrutin. Et pour enfoncer le clou, le message insiste sur le fait de jeter, or le dessin peut justement être perçu comme une main jetant son bulletin de vote dans l'urne à l'inverse du geste de tirer un mouchoir de sa boite.
Devant tant de perversion, je vous laisse tirer vous-mêmes les conclusions.

mardi 17 décembre 2019

Vous savez, comme on dit parfois

Vous savez, comme on dit parfois

En chantier , j’m’appelle teuse.

Il y a un tag comme ça sur ce joueb.

Et bien voilà: ce n’est pas juste une façon de placer les mots « Chantiers » et « Pelleteuse » dans une phrase.

Il y a en fait bien plus que ça.

C’est une marque d’adaptabilité, de flexi-identité, d’accomodabilité.

Ainsi, il n’est pas dit que de tout temps, pour tout le monde, je m’appellerai « Teuse »: non, uniquement en chan•tier. Comment je m’appelle le reste du temps?

Personne n’en sait rien.

Aujourd’hui, micr0lab lève le voile pour vous:

En croisade , j’m’appelle rin.
À Nancy , j’m’appelle osi.*
Au football , j’m’appelle é.
Quand il faut creuser , j’m’appelle .
À la mer , j’m’appelle ican.
Pour l’amour , j’m’appelle vis.

*: bonus pour la rhyme, malus parce que c’est pas universel à comprendre.

Voilà, donc la liste n’est pas terminée, l’adaptabilité de l’esprit humain étant sans limites (cf. les divers camps de la mort), mais elle donne une meilleure idée : on le pensait boute-en-terrain, ce teuse, il est en fait symbole de l’être moderne, toujours en phase avec son interlocuteur, toujours adaptant son discours et se mettant au niveau de son interlocuteur, en fonction du lieu.

Je le hais.